22 juillet 2007

Mets ta foreuse, goutte!

Salut à toi chère Panzer, Panty-Girl, Libre-Lectrice,


Deux gouttes de pluie ne tombent jamais au même endroit. On pourrait y passer des heures, mettre des x-mines en dessous du ciel avec des lasers péniens, rien n'y ferait. Elles tombent pas au même endroit.
Ce qui signifie qu'un corps dont les dimensions en largeur n'excéderaient pas une goutte de pluie ne recevrait qu'une goutte *et c'est tout* au cours d'une averse.

Faute de quoi le corps exposé est martelé à différents endroits. Les nuages ne sont pas vicieux, ils pratiquent pas le supplice vietminh de la goutte. C'est aléatoire, on peut pas vraiment s'habituer à un endroit, ou sacrifier disons un membre qui serait mouillé et pas les autres. Globalement, il y aura mouillure généralisé, avec des pointes de dérangement localisé - les gouttes peuvent tomber dans l'oeil, ou très précisément entre le cou et le col, ou sur le nez, ou exactement au bout de la cigarette qui s'allume.
On ne peut pas se prémunir de la goutte. La goutte, innocente, millimétrique, furtive, tombera inexorablement, sans volonté précise mais par un hasard désarmant. Personne ne peut en vouloir à la goutte.


Ainsi la goutte ne frappe jamais seule. Elle tombe en général là où on s'y attend le moins. L'averse. Après avoir éclatée sur la peau sèche, elle rigole, descend, lèche tranquillement les environs. Ca peut être rafraîchissant, d'ailleurs.

Elle mouille, elle peut rendre malade.

On peut la prévenir, sous forme de parapluie, voire de sac en plastique sur la tête. Pas de mauvaise surprise, seules les jambes trinqueront, au pire. Mais un parapluie, c'est encombrant, il faut savoir qu'on en aura besoin, et puis ça occupe un bras, ça donne des crampes, on a l'air con sous un parapluie, comme un fromage sous cloche.

Et puis prendre la pluie, c'est communier, c'est se laisser aller à la nature, c'est s'ouvrir au monde extérieur. Dieu que c'est joli... la pluie... Si simplement il n'y avait pas ces quelques gouttes de trop...


Mais au fond on les attend, ces gouttes. On les espère en les redoutant. Elles confirment quelque chose. Quelque chose qui laisse penser qu'il n'y a pas de hasard, pas de coïncidence. Quelque chose qui laisse espérer que tout est possible, que quelques molécules condensées dans les limbes du monde peuvent voyager jusqu'à l'endroit infime où elles réveilleront un frisson, un geste, une pensée, une avalanche de connexions électriques qui bouleversera peut-être le cours d'une pensée. D'un instant.

Derrière ces gouttes, j'espère qu'il y a un sens.

L'espoir sèche, toujours, mais la goutte reviendra. Pas au même endroit.


En vous souhaitant, chère Panzer, Panty-Girl, Libre-Lectrice, le meilleur des brunchs ensoleillé,



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