26 septembre 2007

Une goutte d'eau en moins

Cette information m'a été rapportée par MigouMan, grand lecteur de presse gratuite, doté de l'oeil du tigre et de la vigilance du suricat :


Le cycliste récupère ses points
Le tribunal administratif de Lyon a annulé hier le retrait de quatre points sur le permis de conduire d'un homme qui avait été sanctionné en 2005 pour avoir grillé un feu rouge...à vélo. Ce cycliste avait également écopé d'une amende. Le tribunal a considéré que le retrait de points n'est valable que dans le cas d' "infractions du Code de la route commises au moyen de véhicules pour la conduite desquels un permis à points est exigé". 20 Minutes, mardi 25 septembre 2007
Cher Mourcil, j'espère que cela vous retirera une épine du pied. Courage, il n'en reste que huiiit miiiille six cennnnt quatre-vingt deux!

21 septembre 2007

F.A.R. ya rien a faire

Merci Mozi

15 septembre 2007

Perspectives brisées

Madame Felippé, patronne du El Puente, petit relais d'étape perdu dans la jungle entre Sucre et Santa Cruz, regardait la salle vide de son restaurant de ses deux joues bien rondes.

Il est 20:45.

Ell tapote son comptoir en bois, couvert d'une fine couche de plastique et de tous ces pucerons que la jungle attire et que rien ne chasse. Monsieur Félippé est dans la cuisine, elle le peut le voir manger à travers un petit trou dans le mur son pique lo macho. De temps à autre, il se soulève juste assez pour donner des claques aux poulets cuits, entreposés sur un tabouret, et les débarrasser un instant des différentes bêtes ailées qui les accostent.

Dehors, les enfants jouent avec la glacière, offerte jadis à la mère de Madame Felippé par une communauté franciscaine qui oeuvrait pour le logement des pauvres et l'hygiène alimentaire. Le petit n'arrive plus à se cacher dedans, mais ses grands hermanos lui tapent sur la tete a grand coup de couvercle. Ah, les enfants.

Tout à côté, Jocelyna Minès cherche à prendre toute sa famille dans ses bras comme pour ne jamais les relâcher. Elle part pour un an en pension dans un collège pour filles à une vingtaine de kilomètres. Ses 16 ans dessinent sur elle une beauté qui ne tremble pas, une fraîcheur exceptionnelle dans cette région oú les visages sont si vite terre brûlée et les corps, liane tortueuse. Un collier noir souligne son cou, sa nuque, son regard étincelant, curieux et melancolique à la fois.

"Qu'elle en profite tant que ça dure", pensa Madame Felippé en s'essuyant son front couvert de graisse poussièreuse avec un bout de tablier ou toutes couleurs se trouvaient sauf celle d'origine.

Un grondement fit remuer les deux ampoules jaunies au dessus des huit tables.
La poussière de la route envahit l'espace. Ocre, jaune, pisseuse, acre, puis les derniers soubresauts blancs des graviers écrasés. La porte du bus qui s'ouvre. Le grommellement assoupi d'un troupeaux de corps qui descendent en titubant.
Enfin le bruit que Madame Félippé attendait. Le bus de 17:30 venant de Sucre.

Les silhouettes se pressent vite devant le comptoir. Ce soir, comme tous les soirs, c'est Pollo al Forno. Des bouts de phrases molles sortent des bouches, un vague "poy, poy", répété avec une vague impatience par les premiers, puis par la queue. "Poy?", demande Felippé à chacun avec une feinte indifférence. Poy, poy, répond qui que ce soit, et pour chacun un mou billet toujours tros gros et Madame Félippé qui n'a pas la monnaie, c'est si difficile, tous ces gens qui ont toujours que des billets, comme si elle en fabriquait, des pièces, elle allait etre obligée d'ouvrir sa boite a petite monnaie, devant tous ces gens qui allaient s'imaginer qu'elle était riche, alors que c'était si difficile, de trouver les poulets, il fallait aller les acheter, les plumer, les cuire, et après atendre le lendemain.

Mais Madame Felippé est contente, elle a tous ces visages devant elle, elle tient leur appétit dans sa main, c'est un peu comme si elle était leur mére à tous. La queue devant elle n'a plus de formes, c'est mains et bouches, "poy poy" et billets mous, José, le petit cultivateur de papaye, veut son poy sans riz, Rodrigez tend très haut son billet de 50, grosse coupure et chemise blanche, il a une montre achetée au Brésil avec un gros bracelet en fer, il ne veut pas attendre. Le militaire imberbe passe devant tout le monde et met son billet dans la main de Madame Felippé, Feliciano se fait bousculer, hésite, demande une bouteille d'eau, non, du poy.

Quelques minutes plus tard, Madame Felippé regarde fièrement les 8 tables remplies et les bouches qui mastiquent en silence. Comme toujours, il n'y a pas assez de pollo, mais que voulez-vous.
Dehors, devant la porte, un gringo fume une cigarette. Madame Felippé l'a vu tout à l'heure, devant elle, il avait l'air de demander du pollo en articulant bien "un pollo al forno por favor". Le militaire lui avait peut-etre bien marché sur les pieds. Qu'est ce qu'il croyait, le gringo, qu'il allait etre servi comme un prince? Encore un de ces types venus d'on ne sait ou qui venait chercher de l'aventure. Elle était bien contente d'avoir gardé le poulet pour ses amis, Madame Felippé. Le gringo avait fini par acheter une bouteille d'eau aux enfants en faisant la grimace, avec des gateaux secs. Il avait l'air bien sombre, le gringo, en fumant sa cigarette et en regardant la salle pleine manger son pollo. Au moins un qui ne reviendrait pas.
Près de lui, Rodrigez posait, le bras tendu appuyé contre le bus, le menton bien haut, il parlait aux filles, comme si toute la région lui appartenait.
Apres quelques minutes, le moteur du bus gronda. Les tables se vidèrent dans un grand bruit de chaises. Madame Felippé vit le gringo regarder sa cigarette d'un air idiot, puis il se dirigea vers un vieux squelettique qui rampait a cote du restaurant, en lui tendant ses gateaux secs. El stupido, il n'y avait qu'un gringo pour croire qu'un édenté allait se nourrir de gateaux secs.
Le bus lanca un puissant nuage de poussière.
Et disparut.

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Le ciel se tordait de spasmes de lumières. L'orage etait quelque part loin de là mais ses eclairs se perdaient en dechirant l'obscurité de la jungle.
Dans le bus, tous les corps se soulevaient en hoquetant au rythme des cassures de la piste. La piste, d'ailleurs, n'etait pas vraiment une piste, mais un long couloir de poussière ou defilaient et se croisaient bus, camions, bus, en rugissant et hoquetant sur chaque parcelle de terrain, mille fois eboulée, remontée, ecrasée par les véhicules et toujours si cassante.

Felicida Gomales etait dans un demi sommeil au dernier rang du bus, la bouche a demi ouverte et regardant de ses petits yeux les eclairs par la fenetre.
Il etait minuit, lui avait dit son fils un peu avant. Avec sa belle-fille et sa petite-fille, ils allaient tous a Santa Cruz faire baptiser la petite dernière. Dans deux jours.
Elle avait mis la casquette que lui avait donné son fils pour ne pas avoir froid a la tete, une casquette Nike bleue qu'il lui avait rapportée du Paraguay. Un vrai homme son fils, qui savait s'occuper de sa mère. Elle n'aurait peut-etre pas du le laisser epouser cette bonne a rien qui ne savait pas s'occuper des enfants, mais c'etait fait. De toute façon, elle n'avait pas son mot a dire, et elle saurait bien l'elever, elle.
Broutant ces reflexions, Felicida Gomez sentit un coude lui pousser legerement les cotes droites. Elle garda les yeux fermes. C'etait encore le gringo, pensa-t-elle. Comment etait-ce possible. Elle avait jeté plusieurs incantations avant le départ pour que le trajet se passe bien. La fille assise a coté d'elle au depart était brusquement tombée malade une minute avant le départ. Elle aurait de la place pour dormir, c'est bien la moindre des choses, vu son age et ses jambes qui lui font mal, et puis on pouvait voir qu'elle en avait eu des enfants, elle etait large comme une jetée de quintuplés.
Et puis juste avant de partir, le gringo etait monté. La fille avait du lui vendre la place. La maldita.
En quittant Sucre, elle avait hurlé bien fort un "Sucre, Sucre, loin derrière nous, Sucre, derrière les monts, Sucre, nous te quittons", incantation que son grand-père shaman lui avait apprise et qu'elle repetait a chaque voyage. Le gringo avait bien vu qu'il etait assis a cote de quelqu'un d'important.

Mais depuis un moment, le gringo ne la laissait pas en paix. Comme si elle pouvait tenir sur un seul fauteuil... Et puis sur cette route, elle allait pas faire des noeuds avec ses bras pour les retenir! Il n'avait qu'a rester dans son coin, le gringo. Et puis mettre ses sacs ailleurs. Elle se demandait bien ce qu'il y avait dans ses sacs, d'ailleurs, Felicida Gomales.
Elle tourna la tete, donna de l'aise a son fessier, et s'assoupit en ronflant.

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Le bruit d'air qui venait de la roue ne faiblissait pas.
Debout devant l'enorme boudin qui avait subit tant de fois les colères de la piste, Josué restait silencieux, et cherchait a se rappeler la derniere crevaison qu'il avait vu sur cette route. Le mecano tournait silencieusement autour du bus en machouillant un enorme chicot de coca et en tapotant sur les roues avec une tige en fer. Une seule roue de foutue, rien de trop grave. Chauffeurs et mecanos commencerent a decortiquer la machine, a ouvrir boulons, clefs, carrosserie.
Josué contemplait, toujours fasciné par les machines.
Mais il donnait des coups d'oeil a cote de lui.
Un gringo etait assis la, silencieux. Le gringo lui avait donné non "un cigarillo", mais "un cigar", une Camel. Il ne savait pas pourquoi. Et maintenant il ne regardait pas la roue.
Il faisait des bulles. Des bulles de savon, en soufflant dans un petit rond.
Et il regardait ses bulles. Son visage etait couvert de poussière, et il apercevait a peine ses yeux, qui suivaient les bulles dans l'air. Elles ne duraient pas très longtemps, la poussière les ecrasait en un instant.
Ils sont souvent bizarres, les gringos, pensa Josué, mais celui la, il est soit completement fou, soit très sage. Le gringo tourna la tete vers Josué. Il avait l'air triste que les bulles ne durent pas.
Vraiment tous fous, ces gringos.

Le mecano ouvrit le coffre du bus, tapota sur la roue de secours avec son pied de biche. Elle etait foutue elle aussi.

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Le guichet ouvrait a 8:00, il etait 8:30, donc ca ne devrait plus trop tarder, se disait Esti, basque trentenaire qui portait ses rastas, ses poils et ses sandales comme l'etendard de son combat. Ce combat, en Bolivie, avait été bien difficile. Le Mouvement avait tout pour prendre de l'essor dans le pays, pourtant. Comme au Brésil, la terre était détenu par quelques uns, les campesinos s'accrochaient a des lopins. Plus qu'au Brésil, les paysans sont écrasés par les grands possédants, par l'Etat, sont jetés à la rue par les cours mondiaux du soja. Elle était partie, confiante, résolue, jamais elle n'avait renoncé une seule fois en cinq ans.
Mais depuis qu'elle avait quitte le Brésil s'etait arraché de Tabota, un grand et beau noir de la favela de Rio, elle avait senti que quelque chose n'allait pas. Arrivèe a La Paz, elle s'etait fait depouillée dans un taxi. Accueillie dans une communauté guarani au sud du Chaco, elle n'avait trouvé qu'indifférence, méfiance, mépris, aussi. Che Guevara s'etait perdu a cet endroit. Elle n'avait pas à rougir. Pour une fois, elle abandonnait.
Laissant la joie de retrouver le Brésil l'envahir, elle attendait impatiemment l'ouverture du guichet du Regional, le train poussiereux qui l'amenerait de Santa Cruz a la frontiere, apres 24 heures de trajet et de moustiques.
Elle regarda a cote d'elle. Il y avait un blanc, un europeen, visiblement, avec un sac. Il avait du faire un tour de la region. Il pleurait. Comment pouvait-il etre triste de quitter la Bolivie? Elle etait tellement heureuse de retrouver le Brésil.

13 septembre 2007

Congémaladie/Groundhog Day

Après une absence que certains auront trouvé longue, Soustache réapparait sur les ondes. Nous avons identifié l'origine du problème, chassé le pigeon qui avait nidifié sur l'antenne, et vous proposons un épisode inédit pour nous faire pardonner.
La Production

Aujourd'hui n'est que douleur. Bien heureusement, notre Etat-Papa a tout prévu. Pour les jours comme ça, il existe une chose miraculeuse, un don à la fois très petit et immense, un trésor caché, un îlot de liberté, une pendule cassée, un rideau qui s'ouvre, un monde oublié qui réapparaît. Pour les jours comme ça, l'Etat-Papa a prévu le Congémaladie.

Dans une temporalité stromboscopique, le Congémaladie est une pause, un moment où toutes les lumières s'allument, ou s'éteignent. Le Congémaladie, diront ceux qui me connaissent un peu, c'est, comme les Ass&Dick, constitué principalement d'une horizontalité éclairée par la lumière du jour, avec du sang dans les urines en plus... et la sensation extraordinaire que votre mal s'est mué en superpouvoir, celui d'arrêter le temps et de marcher entre les corps figés.

Quand le monde s'arrête, c'est l'occasion de se replonger dans le passé. Et de découvrir, avec une certaine stupéfaction, que TOUT EST DEJA ARRIVE. Tout ce que Soustache et Mourcil ont pu ressentir, vivre, découvrir depuis ces derniers mois, tout avait déjà été écrit. en Févriermars 2004. J'en avance pour preuve ces quelques bribes d'archives redécouvertes par Almonzo, l'architecte de Bagdad mais aussi l'archéologue de mes vies passées, encloses dans des tablettes d'avant 2005 (c'est dire) :
Mourcil : tu sais ce qui ne va pas avec nous? on gère notre sentimentalité en kholkoziens, dans la crainte de la pénurie. Alors qu'en fait il y a plein de monde sur terre et que c'est L'ABONDANCE qui nous attent. Souste, je crois que je suis en train de faire le choix de l'abondance. (26.02.2004)

Mourcil
: C'est comme si je tombais dans un grand gâteau à la Chantilly, mais très très lentement, de telle sorte que je tombe depuis hier soir sans choir.

Mourcil
: j'ai l'impression d'avoir une vie certes géniale, mais pourrie aussi. (28.02.2004)

Févriermars 2004 contenait aussi en lui tous les germes des choses advenues par la suite, les décisions et résolutions qui devaient animer toute une vie. et toute une autre vie.
Mourcil : Faudrait que je bouge, en fait. à Berlin, à Tokyo ou que sais-je, avec plein de teufs tout ça (28.02.2004)

Mourcil
: Veut plus de vie de couple. Veut une histoire de corps. je suis prisonnier de cette décennie pourrie...j'aurais été le Sex God des années 70!

Mourcil
: Si on écrivait un roman à deux mains?
Soustache : à quatre
Mourcil : 4 semble faire beaucoup, non?
(...)
Mourcil : vais commencer à écrire des bouts de trucs, et ça évoluera comme ça devait évoluer. (03.03.2004)

Soustache : pour fêter ça, je me fais Gerry à 19h45.
Mourcil : What is Gerry? (03.03.2004)

Soustache : Je veux passer plus de temps à boire qu'à non-boire
Mourcil : J'ai une phrase parallèle dans ce genre, mais je la garde pour moi.
Soustache : mon petit doigt m'a soufflé la phrase interdite.

Il y eut aussi des insultes et bonnes phrases, à garder sous le coude, car amenées à resservir :
"anus boursouflé" /"verge variqueuse",
"Je sens que ça va être gracieux comme une mayonnaise de macdo", "
"je l'ai rangé au rayon gros con de mon supermarché intérieur",
"ça me troue le cul de tristesse",
"c'est de la merde de haut rang, ouais, c'est de la connerie impériale et du foutage de gueule passé à la feuille d'or!"
"Pas de 'tout ce que je veux c'est son bonheur', je vomis sur ce genre de phrases, je vomis du café et de la baguette tradition céréales!"
"Je n'ai plus envie de sauter par la fenêtre. C'est un grand pas en avant, si je puis dire"

Puis des choses incompréhensibles, des oracles qui parlent probablement d'un futur qui reste à créer :
Soustache : Je suis déconnectée de cette réalité qui n'est pas la mienne. Pour moi, Aristide restera toujours un perroquet qui n'a pourtant jamais existé. (20.02.2004)

Soustache : un jour, on comprendra comment on peut scotcher une bouteille par terre. un jour (08.03.2004)

Mourcil : Chevelus nous resterons, échevelés du grand tapis!" (11.03.2004)
Ces quelques mots, pour conclure :
Mourcil : Beaucoup de choses ont changé dans ma tête ce mardi entre midi et midi trente.
Soustache : Et beaucoup de choses changeront entre maintenant et tout à l'heure.
Mourcil : bof.
Soustache : puis entre tout à l'heure et ce soir, entre ce soir et demain, entre demain et le jour de l'an de l'année 2008.
Mourcil : je sais, on a l'air idiot.
Soustache : idiots. (11.03.2004)




11 septembre 2007

Message à caractère personnel

La sudamerica est un endroit qui ressemble beaucoup a une vie humaine.

Il y a des coins avec des grandes feuilles de bananier, avec des gamins qui jouent a street fighter.
Des endroits tres propres, avec des bus a l'heure comme un consultant, des pins tout droits qui regardent la pampa d'un oeil venteux.
Des endroits très hauts, très exposés, très secs, oú la nuit est toujours froide et chacun s'effraie qu'elle pourrait ne jamais s'arrêter.

Il y a les flots de la jungle oú il n'y a ni terre, ni eau, ni ciel, mais une immense étuve qui presse chaque forme de vie dans un sens où dans un autre.

De façon plus ou moins simple, on peut se rendre d'un endroit à un autre et y rester en s'y plaisant.

En Bolivie, c'est le début de la guerre civile. Le pays qui ressemble le plus, peut-être, à un caractère humain. 200 changements de régime en 181 ans. L'enjeu, c'est de redonner à Sucre son vrai statut de capitale pleine et entière, grignotée dpeuis des années par La Paz, par la paix, donc. Entre Sucre et La Paix, c'est un combat larvé, un peu bidon parce que l'enjeu est surtout exploité par des anciennes figures autocratiques des années 80, mais qui ratisse large parce que Sucre c'est la démocratie, et La Paix la simplicité. L'attachement à la tradition, car Sucre fut désignée par el Libertador Bolivár, ou le world wide web, car les cybercafès de La paix sont beaucoup plus rapide que celui de Sucre.
Qui sait où tout celà nous emmènera.

Bon voyage dans ta nouvelle année, Soustache, en te souhaitant qu'elle ait tous les charmes de la sudamerica.

10 septembre 2007

La main dans le Potosi

Mel Gibson, un jour, est venu un dimanche apres-midi a Potosi.

Car que faire quand on s'ennuie un dimanche a Potosi, petite ville miniere perchée á 4500m a l'ouest de l'altiplano bolivien? C'est jour du seigneur, le musée de l'argent est fermée, les mines - qu'on peut visiter pour regarder la vitesse a laquelle un etre humain se transforme en minerai - sont fermées. La cathédrale est fermée, pour raccomoder ses habits baroques honorés quotidiennement par des Boliviens qui ont mis sur la vierge marie toutes les vertus de la Pachamama inca, la maman-terre (a ne pas confondre avec la femme-vulve).

Habilement, seul un musée reste ouvert en ce jour sacré. Celui de Santa Terasa, que le rouble et traitre Lonely Planet présente comme un must pour les fans de la flagellation.

Impatient de voir fouets et crocs, becs de plombs et harnais de sacrifice, le visiteur inconscient, dont Mel Gibson, se presente devant le grand portail vert. La, un individu quasi-humain explique tres vite avec une levre tenaillée de haut en bas, a peine retenue par un bout de scotch, que l'entree n'est pas la, plus loin, s'enerve, tape sa main avec une superbe matraque de bois d'apparence guarani. Une belle mise en bouche.
Un superbe traquenard.

A la loge, on paye un ticket. Oh, tiens, le plus cher des musées boliviens. La femme qui tient l'endroit s'occupe de ses plantes avant le visiteur. On finit par rentrer, legerement inquiet devant le nombre de tableaux de Saint Francois.

L'enfer est donc pavé de Saint Francois.

On rejoint un groupe de gens devots dans une salle ou deux squelettes de nonne siegent au fond d'une fosse en verre.
La visite avait deja commence.
Un extrait de femme toute petite dodeline sur ses jambes, explique d'une petite langue seche derriere et humide devant que la vie au monastere est tres stricte. Les contacts avec l'exterieur prohibes, des grilles a clous empechent qu'on s'approche des grilles.

Dans ces quelques metres carrés que forment 2 patios et 7 ailes de batiment sont concentres toutes les representations les plus gores de jesus, de la passion, et des saints. Quand il n'y avait pas assez de sang sur l'original, les successeurs en ont rajouté. On trouve ainsi des San Thomeus au regard tres stone, macules de ketchup en regardant de ses yeux remplis de coca le monde meilleur, la haut, tout de blanche mayonnaise.
Car la coca etait tres admise au couvent, comme medicament.
Tout est orgie de degoulinements sanglants, de trous de chair et de souffrance physique ponctuées de regards completement a coté du sujet.
Dans une salle, coquetterie d'artiste, les saints sont représentés tenant dans leur main l'instrument de leur martyre. C'est castorama chez saint pierre, tout le monde est content avec qui ses clous, son marteau, son epee.
Un des saints a l'identite inconnu traine systematiquement un grand sabre au milieu de la tete, en regardant le ciel qui l'a bombardé de hallebardes.

Dans des micro chappelles aux fenetres dorés soulignant la dorure intégrale de chaque goutte d'espace, des poupées de porcelaine aux yeux louches trainent de grandes panoplies de draps majestiques. A cote, une chouquette ressemblant a Marie tient dans ses bras un petit jesus au visage de sarkozy et exprimant d'une main ferme un salut scout.

Le petit public devot salue chaque detail. Une vieille femme indigene, pliée en deux par la vie supportée avec ses congéneres, marmonne des pater devant les habits des pretres. Tout le monde a mis du parfum pour l'occasion.

La visite dure. Les christs ensanglantés comme des biftecks deviennent hilarants et agressifs a la fois. C'est de l'art influencé par Madrid, dit l'extrait de femme a la demarche de calimero. Tout devient sang, souffrance, on sent la surenchere des moines commandant leur portrait : moins de chair! plus de clavicules! plus tordus les yeux!
Dans cette ville miniere ou l'esperance de vie des esclaves miniers etaient d'une demi-annee, des moines et des nonnes s'evertuaient dans un decor doré a sauver des ames par la force de leur sacrifice, le silence, le repas unique par jour consistant en 2 cuillerees de soupe. Et le commerce de confiture.

La fin arrive enfin. On part vers le grand portail.
L'extrait de femme me fait signe. "Non non, vous pas encore".
Arrivé en retard, la petite voix m'emmene refaire l'integralité du parcours. En tete a tete. Sans devot pour opiner et fermes les yeux de joie.


A la sortie de la Passion du Christ, tout le monde se demandait ou Mel Gibson etait allé chercher tout ca.
C'est évident, c'etait a Potosi.

27 août 2007

Le Jokari

Le Jokari est un jeu solitaire et ridicule.

Il s'agit d'un dispositif très simple: il faut disposer d'une aire de terrain relativement vaste, plate et dure. Le béton est un revêtement particulièrement adapté. au centre de ce terrain, placer le socle lesté qui sera le centre de gravité du jeu. A ce socle est attachée, par un élastique de plusieurs mètres de long, une petite balle en caoutchouc, relativement rebondissante, sans toutefois en faire trop, et souvent de couleur vive. Mon jeu de jokari était doté d'une balle d'un rose fluorescent que j'avais arbitrairement décrété "plus belle couleur du monde". C'était les années 80, limite 90. Tout fashion statement proféré à cette époque peut être attribué à l'inversion des pôles magnétiques et ne peut en aucun cas être retenu à la décharge de son auteur.

Succédané de jeu de raquettes conçu pour occuper les longs après-midi d'été d'une pré-adolescence timide et solitaire, il se joue souvent seul. Les couples de joueurs hilares représentés sur les emballages des Jokaris trouvés dans le commerce ne sont qu'un leurre qui ne trompe en aucun cas les consommateurs désabusés.


Tout l'intérêt du Jokari réside dans son élastique. Fin et résistant, c'est son action qui va conditionner le renvoi de la balle. Il faut donner un bon coup de raquette pour envoyer la balle de caoutchouc rose le plus loin possible, vers l'horizon. La balle, parvenue au point de tension maximum, revient vers le joueur ridicule et solitaire, rebondit une fois, et le processus recommence jusqu'à:
  • lassitude du joueur
  • rupture de l'élastique
Le Jokari, peut-on dire, c'est comme envoyer une balle contre un mur, à la différence près qu'on frappe la balle dans le vide.

Ce soir, j'ai 12 ans et je m'échine à lancer une balle de plastique rose qui me revient, inlassablement, en rebondissant mollement.

21 août 2007

France - RFA (2007 Edition)

La République Française s'est dotée en 1999 d'un logo unique destiné à orner toute communication d'un organe de l'État - ministère, commission administrative, préfecture, notamment.

Ce logo élaboré sous la direction du Secrétariat à l'Information du Gouvernement illustre, comme le néohaussmanien, les goûts et travers de la pictographie et de la culture politique française.

L'image est organisée en 3 strates horizontales et 3 rangées verticales, rythmées par couleurs, mots, typographies. De gauche à droite, c'est bleu-marianne-rouge, liberté-égalité-fraternité. De haut en bas, drapeau+marianne, italiques semi-sérif d'une police indécise, et puis les bonnes vieilles CAPITALES de majesté à la française, aux initiales elles-mêmes capitalisées (pour faire comprendre la signification du "RF" qu'ils voient sur leur mairie?), le tout surligné d'un trait noir bien rectangulaire délimitant un compartiment à part pour cette partie du logo.

En termes de volumes, on a :

1. le drapeau. Il se répartit assez régulièrement entre bleu, blanc et rouge, quoiqu'un on observe une préséance visuelle de Marianne sur le fond contrasté et une surreprésentation du bleu, favorisé par l'orientation à droite du regard de Marianne. Dont le centre du bonnet phrygien est parfaitement centré par rapport au reste de l'image.

2. le panneau "République Française". Typographié en capitale, isolé par une ligne, c’est le texte principal - et c’est logique puisqu’il signe le document. La typographie évoque un sage, classique et élégant Garamond (ouverture du P, allongement de la queue du Q, cédille vers la gauche), mais compacté et modernisé de façon d’ailleurs assez réussie - si ce n'était la capitale.

3. La devise. Liberté, Égalité, Fraternité, allongée discrètement sous le drapeau-marianne, elle semble chercher à lui donner sens tout en restant, de par sa typo inspirée de la fin XVIIIe, un pur logo qui renvoit à un système de représentation bien assimilé plus qu’à une signification particulière.

Au final, un logo très rempli où s’entassent toutes sortes de références à la Grande histoire tendues vers un point de focal, la Révolution. La foire aux symboles est généreuse, elle n’oublie personne : il y a la figure de la femme échevelée et de la mère au visage ferme, la devise prometteuse pour le pauvre, la typo rassurante pour le citoyen. Sans que personne ne sache vraiment ce que tout cet emboîtage signifie.

Tout cela cherche à vivre dans ce cadre étroit (1x3 cm environ) qui orne les documents de l’Administration, soucieuse de faire rêver, elle aussi.
Et c’est là qu’est le hic.

De quelle signature s’agit-il? On trouve le logo indifféremment, ou avec quelques légères variantes (addition du nom du service) sur tous types de documents qui vont des communiqués de presse de l’Élysée aux pages internet du MAE, jusqu’aux amendes du Trésor Public et au redressement du Ministère des Finances.


Comparons ce logo avec son équivalent allemand, qui est un peu aussi son tonton puisqu’il date de 1995.




Il y a très peu de choses. À gauche, l’aigle aux ailes rentrées, qui renvoie à l’histoire allemande sur la durée puisque l’animal est symbole non du pays, mais du Principe d’ordre légitimant l’existence d’un gouvernement depuis le Moyen-Âge. À droite, dans une typo très efficace, percutante, calme et moderne, aligné sur les formes de l’aigle, “Le Gouvernement Fédéral”. Entre les deux, pivot de l’image, ce qui donne sens au texte et au symbole, un large trait aux couleurs de la nation réunifiée.
Pas de devise, pas de prétention. Du pur fonctionnalisme, qui ne ment pas et qui encadre la pratique administrative dans la sobriété et la conformité à ce qu’elle est. Le Gouvernement. L’ordre. La responsabilité, car on ne voit que lui dans cet océan de blanc.
Lire le texte est comme un jingle, grâce au renvoi à la ligne qui scande les deux mots. Die. Bundesregierung. Ca pourrait être une percu des années 70 (la tonique est sur le 'und')
Dans ses variations, le texte à droite est remplacé dans la même typo par le nom de l’office concerné.
Il n’y a rien à retirer, les symboles renvoient directement à leur contenu, la lisibilité est immédiate. L’occasion de citer le mot de Saint-Exupéry si vénéré outre-Rhin : la perfection est atteinte non quand il n’y a plus rien à ajouter, mais quand il n’y a plus rien à retrancher.

En comparaison, le logo RF est gras comme un bar à tapas, prétentieux et parfaitement hypocrite. La République m’écrit!, pense-t-on en ouvrant une lettre du Trésor public, qui place le logo au centre en haut de ses courriers. Ah non, c’est le Trésor Public, dit le coin en haut à droite. Ou peut-être le MINEFI, râle le logo du Ministère de l’Économie en bas au centre de l’espace. Le tout en grosses tâches noires, puisque notre beau drapeau se transforme en bon pâté noir du terroir en noir et blanc.

Et ainsi ressort cette particularité française à la source de bien des ambiguïtés. La République Française est-elle le nom du Gouvernement (l’exécutif)? De l’État? De la Ve République? De ‘l’Administration”? D’un catalogue de symboles qui renverrait à l’idée républicaine depuis 1789? Ces valeurs proclamées sous le drapeau, sont-elles celles de la Nation, celle du collectif dont je fais partie, donc mes valeurs? Sont-elles les principes contraignants l'action de l'exécutif? Mais ça nous savons que ça n'est pas le cas, l'exécutif n'est pas soumis à ce triptyque qui trouve plus de sens dans le Code civil que dans les courriers du MINEFI. L'amende, c'est la fraternité! Je serais frère avec toute la terre, pour ma part. Et Marianne l'affranchie, pourquoi est-elle sortie des pièces de monnaie? Le bonnet phrygien de l'insurrectionnel paraît peu propice à représenter un État de droit...

En définitive, ce logo ment sans mentir, en cherchant à servir une soupe frelatée mais en suggérant que c'est ce que tout le monde veut sur sa table. Le Gouvernement/État/République est un sauveur, un garant de principes généraux dont la force individuelle disparaît derrière l’abstraction du slogan, quelque chose de beau qui peut ressembler à une femme et de fédérateur qui peut soutenir les 3 couleurs au dessus de sa tête. Et une administration empêtrée dans ses services qui dissimule sa responsabilité derrière de belles valeurs et la Grande Histoire? Pouah, bien sûr que non.

01 août 2007

2007, l'odyssée de l'homme-tronc

C'était aux temps primitifs, l'humanité ne connaissait pas encore le string pour homme et les femmes arboraient des toisons luisantes de mille feux. C'était 1976.

L'homme découvre Calmos, de Bertrand Blier.


Après avoir fui les villes et ses féministes hystériques pour retrouver les plaisirs simples de la vie grâce à un curé rubicon, deux hommes sont chassées par des amazones nymphomanes regroupées en escadrons.
La chasse au pénis est ouverte, lapin-lapin en liberté que Bau-Bo veut remettre à sa place, bien accroché à sa toison.


En 2007, les filles se carressent en soutien-gorge blanc. Il fait beau, le réchauffement climatique rend la lumière comme dans des films avec brigitte lahaye.





L'homme de 1976 résiste.




Et l'homme de 2007? Il ne s'en tiendra pas là, qu'on se le dise.

26 juillet 2007

The 6 phases of socialist planning

1. Generation of enthusiasm

2. Vociferous proclamation

3. Disillusion and confusion

4. Search for the guilty

5. Punishment of the innocents

6. Rewarding of the non participants


Toute ressemblance...

24 juillet 2007

Lettre silencieuse d'un Marin sans Vaisseau à sa Reine Disparue

(À Victor et Adèle)

Très chère Reine,


Il y a un an et six mois, vous avez vu les voiles du navire qui m'emportait se lever, se gonfler d'un vent sec et régulier, vous avez pâli, et vous vous êtes effondrée. Sans dire un mot, je suis parti.
Chaque mouvement de votre visage, chaque mot que votre bouche a soufflé ce soir-là sont restés gravés au fond de mes yeux.
C'était il y a un an et six mois, et j'ignorais tout de ce qui me condamnait au départ. Je savais simplement devoir partir. Affronter l'océan dont je ne pouvais souvent pas détacher mes yeux. Sentir sur mon visage l'haleine des flots que je ne faisais qu'imaginer en vain. Me battre avec les vagues, entendre sous l'assaut des bataillons de lames sans fin le mat trembler sous mes doigts.
Vous étiez ma raison de vivre, et donc ma souffrance.

En fondant sur l'homme tombé dans le flot, l'albatros hurle d'un hurlement glaçant, le son de la nature qui juge et tranche entre les destins de ses créatures, donne à l'autre ce qu'elle reprend à l'un.

C'était le cri qui me déchirait en vous laissant.

J'ai porté mes yeux vers l'horizon, cloison inanimée entre ce qui est et ce qui n'est pas. L'horizon était blanc, le ciel était la mer et rien n'apparaissait.


Au large, le vent s'engouffre dans chaque dédale de l'âme. Le vent tourne, il n'est jamais deux fois même mais il est toujours là. Le corps abandonne toute résistance. Il cède et se laisse parcourir. Chaque souffle harasse l'esprit, il demande une attention de chaque instant.
Il se laisse tenter.
Tout îlot est une escale, à chaque arrêt on se demande : et si c'était ici?

Dans le voyage vers le lointain, la conscience rencontre des tentations.
Ces tentations du large, j'y ai toutes cédées. Résolument, parfois avec passion, en les scrutant sans relâche en quête de cette décharge brutale que l'homme des mers sait comprendre comme le mot qu'il espère et redoute : c'est la fin. C'est ici que tu habites.
Ivre de sel et de vent, l'oeil laisse le mirage se glisser entre lui et la réalité. Je vous ai attendu dans bien des îlots, ô Reine, où vous n'étiez pas, où vous n'étiez pas, et et le sable sans vie a coulé de mon poing serré.


Chacun de ces 575 jours qui me sépare de cet instant où vous avez mis genou à terre, j'ai pensé à vous, ô Reine. L'espace s'est empli de vos traces, vos yeux ont surgi sur l'horizon et ne l'ont pas quitté. Chaque souffle est devenu une question que vous posiez.
Dans les reflets de la lune dorée, j'ai retrouvé votre sourire, dans les creux des vagues étendues, la courbe de vos hanches envahie parfois de draps blancs qui en soulignait la volupté. Dans les ombres à la surface de l'onde, j'ai vu vos mains qui avancent vers moi, votre façon brutale de tourner la tête et le rire impulsif qui éclatait soudain. Chacun de ces instants dont chaque cellule de mon corps avait gardé le souvenir était là.

Souvent j'ai cherché comment vous retrouver. Les signaux du large ne gagnent pas la terre, les flèches lancées vers les étoiles retombent dans la mer. Les voyageurs croisés ne donnent jamais de réponse. Qui sait ce qu'ils répètent et ce qu'ils taisent?
En partant je savais risquer de ne vous revoir jamais.


Il n'y a pas de départ sans destination. Au cours du temps, j'ai compris quelle était la mienne. L'horizon est un combat sans vainqueur, il n'était pas mon but et vous n'étiez pas son adversaire. Les voiles étaient les toiles flottantes sur lesquelles s'affichaient le visage de l'endroit où j'allais et de celui d'où je venais.
C'était mon visage et je ne le reconnaissais pas.


En posant le pied sur la grève, j'ai compris, ô Reine, le dialogue qui nous avait opposé. Vous n'en saviez rien. Vous étiez partie. Vous étiez partout autour de moi mais j'étais simplement quelques mots vides de sens, venu de nulle part.
Je vous ai vu, quelquefois. Vous n'emplissiez pas le ciel, vous n'étiez pas le flot, vous étiez devant moi et je vous voyais enfin tel que vous êtes. Vous regardiez ailleurs. Vous aviez vu le départ et pas le voyage. Je croyais donner des réponses à vos questions quand je ne faisais que parler à moi-même.


C'est pourquoi, chère Reine, vos yeux ne verront jamais ces lignes.
C'est pourquoi, ô Reine, votre Royaume n'entendra pas ces mots frapper à sa porte.

Et le sable coule dans mon poing serré.

22 juillet 2007

Mets ta foreuse, goutte!

Salut à toi chère Panzer, Panty-Girl, Libre-Lectrice,


Deux gouttes de pluie ne tombent jamais au même endroit. On pourrait y passer des heures, mettre des x-mines en dessous du ciel avec des lasers péniens, rien n'y ferait. Elles tombent pas au même endroit.
Ce qui signifie qu'un corps dont les dimensions en largeur n'excéderaient pas une goutte de pluie ne recevrait qu'une goutte *et c'est tout* au cours d'une averse.

Faute de quoi le corps exposé est martelé à différents endroits. Les nuages ne sont pas vicieux, ils pratiquent pas le supplice vietminh de la goutte. C'est aléatoire, on peut pas vraiment s'habituer à un endroit, ou sacrifier disons un membre qui serait mouillé et pas les autres. Globalement, il y aura mouillure généralisé, avec des pointes de dérangement localisé - les gouttes peuvent tomber dans l'oeil, ou très précisément entre le cou et le col, ou sur le nez, ou exactement au bout de la cigarette qui s'allume.
On ne peut pas se prémunir de la goutte. La goutte, innocente, millimétrique, furtive, tombera inexorablement, sans volonté précise mais par un hasard désarmant. Personne ne peut en vouloir à la goutte.


Ainsi la goutte ne frappe jamais seule. Elle tombe en général là où on s'y attend le moins. L'averse. Après avoir éclatée sur la peau sèche, elle rigole, descend, lèche tranquillement les environs. Ca peut être rafraîchissant, d'ailleurs.

Elle mouille, elle peut rendre malade.

On peut la prévenir, sous forme de parapluie, voire de sac en plastique sur la tête. Pas de mauvaise surprise, seules les jambes trinqueront, au pire. Mais un parapluie, c'est encombrant, il faut savoir qu'on en aura besoin, et puis ça occupe un bras, ça donne des crampes, on a l'air con sous un parapluie, comme un fromage sous cloche.

Et puis prendre la pluie, c'est communier, c'est se laisser aller à la nature, c'est s'ouvrir au monde extérieur. Dieu que c'est joli... la pluie... Si simplement il n'y avait pas ces quelques gouttes de trop...


Mais au fond on les attend, ces gouttes. On les espère en les redoutant. Elles confirment quelque chose. Quelque chose qui laisse penser qu'il n'y a pas de hasard, pas de coïncidence. Quelque chose qui laisse espérer que tout est possible, que quelques molécules condensées dans les limbes du monde peuvent voyager jusqu'à l'endroit infime où elles réveilleront un frisson, un geste, une pensée, une avalanche de connexions électriques qui bouleversera peut-être le cours d'une pensée. D'un instant.

Derrière ces gouttes, j'espère qu'il y a un sens.

L'espoir sèche, toujours, mais la goutte reviendra. Pas au même endroit.


En vous souhaitant, chère Panzer, Panty-Girl, Libre-Lectrice, le meilleur des brunchs ensoleillé,



20 juillet 2007

Notre lot quotidien


Lewis a mis du DesTop dans le lave-vaisselle.

19 juillet 2007

Toujours Coca Cola


Coke au volant, plein de tournants

Y'a plus de saisons

Et même que vu de l'espace, on s'en fiche un peu. Parce que si y'a plus de saisons, on fait ce qu'on veut quand on veut, on enlève tous les fils qu'on veut en avril, on met des cirés jaunes en mai, et on fête Noël en juillet.
J'en connais des lecteurs qu'ils ont de la chance!

Allez zou, parce que vous êtes un public tout ce qu'il y a de plus sympa en matière de public virtuel, jamais un qui moufte, ou pire, qui éternue pendant qu'on s'exprime, on a décidé de vous couvrir de cadeaux trouvés dans le cosmos. On dirait pas, vu d'en bas, mais le vide intersidéral, c'est une vrai déchetterie.

  • Les belles images ont leurs détritus, et mis bout à bout, les rebuts de l'instantané numérique ça a du bon. Le comité de rédaction de L'Orbite vous recommande de faire un petit tour sur cette planète.


  • Qui dit Noël dit Nouvel An. Qui dit Nouvel An dit carte de voeux. Qui dit carte de voeux dit tête de noeud...Quelqu'un d'un peu intelligent a réussi à innover en matière de cartes électroniques, et, je le dis pas souvent, mais là, j'aime!

  • Et juste pour célébrer mon bonheur de vivre au XXIe siècle, où la rencontre de la technologie et du low-fi est possible, et où l'on se rend compte qu'il ne faut que dix doigts et un peu de rythme pour faire une chanson:



Et surtout, ne dites pas merci, petits Bernardos que vous êtes!











Il y a trop de points d'exclamation dans ce post. Si je continue comme ça, Mourcil va finir par trouver ça louche...

08 juillet 2007

Stasi orbitale

Bon. vous étiez fliqués (pinpon). Bon, on aurait pu vous le dire. En même temps, vous commencez à avoir l'habitude. L'idée nous est venue parce que nous pensions envoyer des messages au vide intersidéral - nous avions tout fait pour rester dans l'ombre. Nous voulions en avoir le coeur net. Nous en avons eu le rire franc.



Par souci de transparence, nous décidons d'ouvrir aujourd'hui, Jour Anniversaire, les archives de notre petite Stasi orbitale. Les résultats de notre outil de statistiques préféré sont donc livrés en pâture à vos mirettes curieuses.

Vous avez été plus de 250 à croiser notre ellipse, plus ou moins par hasard. Beaucoup sont partis. Quelques-uns sont restés.
Quels hasards merveilleux, quelles quêtes absurdes vous ont conduit jusques à nous? C'est là qu'on commence à se marrer.

Cinq google-rampes de lancement vous ont permis de capter notre signal, cinq thématiques, cinq raisons de nous rejoindre:

  • Il y eu l'alcoolimse, malgré nos mises en garde, avec de nombreuses interrogations sur le pastis et le temps de dissipation de l'alcool dans le sang.


  • Il y eu les voitures, et l'école de voiture, sujet d'angoisse de nombre de nos lecteurs


  • Il y eu la nature, les merveilles du monde, et les handicapés, avec quelques questions toutes germaniques sur la germination des clémentines, et des formulations toutes québécoises, telles que leurs ennemis du grand panda. Enfin, deux personnes se sont demandées ce que devenait Samantha Schimmer, la première chômeuse droïde...


  • Quelques cinéphiles échouèrent sur notre station, et l'on apprit que l'on peut aimer inland empire pour son côté féministe (inland empire + féminisme) ou pour son côté phallocrate (inland empire + "tits like yours" ). On y apprit aussi qu'au ministère de l'économie Canadien, quelqu'un a bien aimé Apocalypto.


  • Enfin, et surtout, la catégorie la plus représentée (mais dont les façonniers, probablement déçus, restèrent le moins longtemps en notre compagnie), est le "XXX de l'étrange", révélatrice de quelques pulsions pas banales, au-delà du bukkake, maintes fois mandé. Repaissez-vous des meilleurs, bande de voyeurs, nous ne vous jetterons pas la pierre:

  • Baise animalière

    "a poil" gym

    ...et le top of the pops une main gantée dans mon anus


Et profitons de l'occasion pour faire honneurs et révérences à notre unique fan anonyme, originaire de Poitiers, qui nous a suivi même au long de nos longues plages de silence, discrètement, sans jamais se manifester: Gra86, tu nous donnes la joie de vivre, que brûle éternellement pour toi la flamme du Fan Anonyme!



A l'année prochaine, public chéri mon amour!

Playlist: Neg'Marron, Le bilan

03 juillet 2007

Death Proof ; Quentin Tarantino, 2007



Genre: étude sur la féminité au XXIe siècle.

Thèse:
Quelque sale hypocrito-phallocrate qui n'a pas trouvé mieux comme pseudo qu'une vague région d'Espagne avait lancé, à la toute fin d'une soirée trop arrosée du siècle dernier, sur le ton de la blague, que "la femme est l'avenir de l'homme". Toute personne munie d'un bac L ou assimilé en a entendu parler. Pour les autres, vous avez bien un oncle qui écoutait Léo Ferré à fond en se prenant pour un poyète. Soyons raccord sur les références.
Et bien pour Tarantino, non seulement la femme n'est pas vraiment l'avenir de l'homme, mais c'est bien plutôt l'homme du passé qui est l'avenir de la femme. Expliquons-nous.

La femme des années 2000 est sexy, libérée, se promène en culotte, ou en short pour la version extérieure, boit, fume, est indépendante financièrement, raconte sa vie sexuelle par le menu, fait de bonnes blagues et baise qui elle veut. Elle mène les hommes par le bout du nez, et rien de plus facile, puisque les hommes des années 2000, bassinés de Léo Ferré et de poètes blagueurs, ont les sourcils épilés, ne supportent ni la douleur, ni la saleté, et se font manipuler par la femme de 2007, qui les connait par coeur et qui se fait payer des coups toute la soirée par ces mêmes avortons pleurnichards qui pensent pouvoir les ramener dans leur lit à coup de Jägermeister.

La femme des années 2000 s'en sort bien. Jusqu'au moment où elle croise le chemin de l'homme des années 60.
Uberviril, l'homme des années 60 mange avec les doigts, s'installe au comptoir et attend son heure. Prédateur, il sait passer inaperçu jusqu'au moment où sa proie montrera un signe de faiblesse. Séducteur, il sait manier les antiques manivelles, qui fonctionnent d'autant plus que la femmes des années 2000 n'en a entendu parler que dans les contes de fées. Balafré, il inquiète. Il fascine. Il excite, un peu. Mais au final, il appartient au passé, et la femme du XXIe siècle ne s'encombre pas de vieilleries.

Alors il se venge. Et il y parvient parce que la femme des années 2000 a un point faible. C'est avant tout une poufiasse qui se met la tête en soirée, qui écoute des vieux tubes à fond en secouant la tête et ses cheveux longs, qui conduit de minuscules automobiles girly et qui va faire des pyjamas party quand les garçons sont trop nuls. Bilan: 5 mortes.

Heureusement, la femme du XXIe siècle apprend de la vie et de la mort de ses congénères les leçons que l'évolution veut bien lui donner. Pour combattre l'homme des années 60 tout en conservant les avantages de sa féminité tentaculaire, elle devra se laisser pousser des couilles, et combattre l'homme du passé sur son propre terrain. A elle les guns, les vieilles bagnoles, la violence verbale sur l'autoroute et les bons gros coups de latte dans sa gueule. Mi femme des années 2000, mi homme des années 60, la femme du XXIe siècle est l'avenir de l'Homme. Sauf que cette fois, c'est pour de bon.


La structure du film reste simple:

1. La femme du XXIe siècle v.0.7 V.S. L'homme des années 60
2. Le shérif a tout compris mais préfère prendre du bon temps (pivot du film)
3. La femme du XXIe siècle v.1 V.S. L'homme des années 60

On retiendra de cette étude ses dialogues toujours aussi verdoyants, ses bagnoles, et sa musique. On en retiendra aussi une furieuse envie de passer son permis de conduire.

Pam: Hey Warren, is there any way I can get a ride home at this place?
Stuntman Mike: [tosses his keys across the bar] Fair lady, your chariot awaits.

Kim: I have the biggest motherfucking dick of the whole highway!


27 juin 2007

Espace promotionnel exploitant la nudité d'autrui à des fins lucratives (et artistiques)


Ceux qui me cherchent sauront où me trouver.
Souste, en mode MySpace

Playlist: Sexy Sushi, Ifokjaretdeboire

26 juin 2007

Du caca sur le dancefloor

Les vieux, dans un élan d'euphorie post-électoral, se croient décidemment tout permis. Opposés à la tenue d'un rassemblement festif de jeunes dans le cadre d'un événement musical annuel, et bien décidés à prendre la situation en main, ils ont passé l'aprem à déverser du lisier (pipi-caca-de-cochon, pour les moins bouseux d'entre mes lecteurs) sur une piste d'atterrissage promue au rang de piste de danse le temps d'un Teknival.
Ah bé ça leur a plu, aux vieux, en tous cas. Quelque journaliste botté de la presse bretonne a cru bon de recueillir quelques témoignages de leur enthousiasme débridé:

"Les paysans, eux, rigolent:
« Si le temps vient au beau, ça va être terrible ! Les mouches vont arriver! »"

Et de rajouter:
"On en a marre d'être la poubelle de la Bretagne!"


Faudra qu'on m'explique.

Et sur les camions, il y avait écrit ce message, qui résonne comme un cri dans la savane:
"PICHON"
Souste, qui ne regrette pas d'avoir regardé le JT de 13h aujourd'hui, et qui souhaite bien du courage à DJ Loco qui s'est "engagé à tout nettoyer d'ici samedi".

Playlist: ça me paraît évident.

21 juin 2007

Conversatexte

Petit Matin. Pénombre grise. L'humidité est palpable derrière les rideaux tirés. La pluie pourrait tomber, mais on ne l'entend pas (encore).
- "T'es pas très gentille"
- "Humpf?"
- "T'es pas très gentille"
- "Pourquoi?"
- "Pasque tu fais rien que dormir"
- "Mmm, ouais, mais, chuis, crevée, tu vois, et là c'est le matin, et ça pourrait tout aussi bien être être 2h du mat, du point de vue de ma fatigue"
- "Ouais mais c'est chiant"
- "Super. bon matin Ricoré à toi aussi."

Gros matin. Pénombre grise. tapotis des claviers. La pluie ne tombe pas, mais c'est tout comme.
- "Ouais Lewis? c'est Souste"
- "Ouais?"
- " Ouais ben il semblerait que j'ai loosé, là, mes clefs sont à l'appart, et comme tu pars en week end, ben faudrait que je récupère les tiennes"
- "Ah ben ouais, ça c'est sûr, mais bon, j'ai des réunions toute la journée."
- "Ah"
- "Mais bon, viens vers 13h, et si je peux je descends"
- "Ok. c'est cool."

Gros gros matin. Pénombre grise. tapotis des claviers qui remplace le bruit de la pluie.
- "Oui Steven?"
- "Oui, Soustache, tu aurais cinq minutes? j'aurais besoin de te voir dans mon bureau"
- "Ok j'arrive"
...
- "Oui?"
- "Oui alors Soustache, excuse moi de te demander ça comme ça, mais est-ce que tu as des problèmes matériels pour arriver tôt le matin? excuse moi de te demander ça cash, mais je préfère régler ça maintenant avant que ça prenne des proportions, tu sais, gênantes"
- "Oh oui, ben je suis désolée, pour ce matin j'ai une excuse, mais bon, je sais que j'arrive pas souvent très tôt, je..."
- "Oui parce voilà, Pon-Pon m'en a parlé, et puis une autre personne aussi, et puis tu sais, y'en a qui arrivent à 8h30"
- "Oui, oui, on m'a déjà dit. je vais faire des efforts"
- "Ok. bon, si tu veux des repères, 9h15 c'est pas mal, on peut se caler la dessus"
(ouais, tu peux aussi de le caler dans le cul)
- "oui on peut, oui"
- "Merci. bon, bonne journée, hein"

Ouais. bonne journée à vous aussi.

Souste, qui sait désormais que tenter quoi que ce soit pour la fête de la musique avec ce genre d'auspices est tout aussi absurde et irresponsable que tenter de traverser la Manche à la nage avec des prothèses en plomb à la place des bras.

Playlist : les Négresses Vertes, Voilà l'été

12 juin 2007

Justice für alle

"Ca impose le respect, pour un lèche-cul, de passer de langue à trou"

23 février 2007

Vice (et versa)

XVIII

Baise m'encor, rebaise moy et baise :
Donne m'en un de tes plus savoureus,
Donne m'en un de tes plus amoureus :
Je t'en rendray quatre plus chaus que braise.

Las, te pleins tu ? ça que ce mal j'apaise,
En t'en donnant dix autres doucereus.
Ainsi meslans nos baisers tant heureus
Jouissons nous l'un de I'autre à notre aise.

Lors double vie à chacun en suivra.
Chacun en soy et son ami vivra.
Permets m'Amour penser quelque folie :

Tousjours suis mal, vivant discrettement,
Et ne me puis donner contentement,
Si hors de moy ne fay quelque saillie.

*


18

Embrasse-moi, embrasse-moi encore et encore :
donne m'en un de tes plus savoureux,
Donne m'en un de tes plus amoureux :
je t'en rendrai quatre plus chauds que braise.

Las, te plains-tu ? Viens, que j'apaise ce mal
en t'en donnant dix autres encore plus doux.
Ainsi mêlant nos baisers si heureux
jouissons l'un de I'autre à notre aise.

Alors chacun de nous aura une double vie.
chacun vivra en soi et en son ami.
Laisse-moi, Amour, imaginer quelque folie :

je suis toujours mal, car je vis repliée sur moi,
et je ne puis trouver de satisfaction
sans me ruer hors de moi-même.

12 février 2007

Apocalypto ; Mel Gibson, 2006

Genre : documentaire animalier

Point de vue / images du monde :

Apocalypto est une reconstitution de la chaîne alimentaire au XVIe siècle. Les indiens mangent le tapir. Ils sont capturés et bouffés par des Mayas. Qui seront capturés par les conquistadors qui débarquent sur la plage dans le dernier plan du film.
Synopsis intéressant, donc qui permet au film d'atteindre une vérité proche du documentaire animalier. Disons de faux documentaire animalier, avec un acteur dans le rôle du Jaguar, de la Tortue, ou du Boss de Street Fighter.
À la Gibson, le film est une longue douleur physique ponctuée de cruauté. À l'écran, il y a toujours quelqu'un qui souffre : une flèche dans le bras, un égorgement, un pique-nique de jaguar, un éviscéré, un décapité, un accouchement à la mamma mia, etc.
La moralité pourrait être qu'ilil faut souffrir pour être un héros, même sans public, ou bien que la déforestation, c'est pas si mal finalement.

À saluer en tout cas : la performance de Gibson. Ressusciter une langue morte au cinéma pour faire dire à des indiens en string : je vais te tuer fils de pute.


Structure :
1. Le paradis, ode à la nature couillue
2. La capture, ode à la viande fraîche
3. La fuite, Predator vs. Rambo, ode aux p'tits malins

Avec entre la phase 2 et 3 l'éclipse, qui est le pivot du film


Citations :
Jaguar Paw: I am Jaguar Paw


[after a snake has bitten one of them]
Middle Eye: He's fucked.

Inland Empire ; David Lynch, 2006

Genre : odyssée subliminale

Pitch : A woman is in trouble

Structure [dans le désordre] :
1. rêve
2. couloirs
3. rencontre
4. la boîte
5. ex-it

Citations :
Nikki: Some men change. Well, they don't change - they reveal. They reveal themselves over time, you know?

Nikki: Who was it?
Devon Berk: Disappeared where it's hard to disappear.

Lori: With tits like yours, there's always a chance.


Première vision :
"On se rêve un autre, on ouvre une boîte, on se réveille".
Dans Inland Empire, il y a un rêve noir, rampant, collant, qui cherche vainement à dévorer le réel qui l'entoure, le nourrit, et le tue.
Dans Inland Empire, il y a des fantasme qui ne quittent pas le sol, c'est à dire le rêve.
Dans Inland Empire, il y a un oeil, omniprésent et omniforme, c'est une fenêtre, un trou de cigarette, un objectif de 35mm, une ouverture sur l'au-delà.
Dans Inland Empire, comme dans Lost Highway et Mullholland Dr., il y a la Conscience, grimace maquillée, intrusive, stérile, qui abaisse les plafonds, ferme les portes, coupe le son, éteint les lumières.

Dans ce long voyage, le rêve est un repli sans espace, non pas un ciel mais une cave, écrasée par la réalité qui s'engouffre par toutes les portes de la perception. On s'y cogne, on s'y étouffe. Alors on refuse temps et espace. On redevient l'Enfant qu'on n'a jamais su être. Et on attend.

Haut-faits :
Le son, la façon de filmer le vide, les variations de couleur, la confusion DV/35mm, les regards.

07 février 2007

Oniwisme

Aujourd'hui, Soustache et Mourcil ont la ferme intention de se laisser tirer de leur obscure somnolence par les rêves encore plus sombres de leur maître D. Lynch. Et c'est ainsi qu'ils se rendent compte que leur vie rêvée a bien plus de potentiel scriptural et cinématographique que leur vie diurne et molle et fliquée. (pinpon)

Mourcil: j'ai rêvé qu'une colonie sur mars était montée, cette nuit
Soustache: et j'y étais?
Mourcil: ouais
Soustache: j'avais trois seins?
Mourcil: j'étais plus ou moins, je sais pas, space-maçon
mais genre un peu chef, quand même
Soustache: et moi et moi, j'étais space quoi?
Space Souste, tout simplement?
Mourcil: y'm semble que t'étais Space Mountain
Soustache: les hommes me roulaient dessus en hurlant?
Mourcil: non, space pilot
tu conduisais une sorte de jeep avec une bulle
c'était très futuriste
Soustache: québéco-futuriste ou futuro-futuriste?
Mourcil: on était pas beaucoup
c'était le tout début.
sur terre, c'était globalement la merde
Soustache: y'avait de bons rébous?
Mourcil: mais y avait un saboteur dans la station
Soustache: ohr, un sabotageurrr
Mourcil: ja ja
Soustache: ça ressemble à cosmos 1999 ta race de rêve
Mourcil: et il sabotait tout ce qu'il poufait
Soustache: ma bulle, ta space truelle, tout ça
Mourcil: c'est dommage que je m'en souvienne pas trop, y avait des deus ex machina intéressants. en tout cas, à un moment, on devait abandonner la station
Soustache: pour aller où?
Mourcil: y avait des morts
Soustache: pas moi j'espère
Mourcil: non
pas de space viol non plus, d'ailleurs
juste un drôle de bruit
Soustache: ah ben tant mieux hein
Mourcil: le vent
beaucoup de vent
Soustache: le bruit de la Fountain en plus bruyant?
Mourcil: non non non - un vent à la lynch
Soustache: un vent à la lynch, cool
Mourcil: un vent de partout, une masse de vent, qu'on pouvait voir
ptêt bien que c'était le principal sujet de ce rêve, le vent
Soustache: putain, pourquoi je fais pas des rêves comme ça??
ça me rappelle le rêve du grand carnaval de Manhattan...

Interlude

Ils avaient fait sauter les ponts entre Manhattan et Brooklyn.
Les habitants de chacune des deux parties de la ville étaient porteurs d'une maladie que seuls les habitants de l'autre rive pouvaient contracter, ce qui expliquait cette politique limite autarcique que les deux quartiers devenus villes s'étaient imposée.
J'habitais à Manhattan. Nous vivions tous déguisés, dans une sorte de carnaval permanent, et mangions de la glace à la vanille pour nous prémunir de toute infection. De temps en temps, un habitant de Brooklyn tentait de pénétrer notre cercle très fermé, en traversant l'Hudson. Nous nous en débarassions généralement de manière assez expéditive.
Un jour, ce fut T., qui, déguisé en Leprechaun pour se faire passer pour un Manhattanien, tenta de débarquer avec un radeau gonflable. Je pris son assassinat très à coeur: alors qu'il allait atteindre le rivage, je lui ai maintenu la tête sous l'eau avec mon pied jusqu'à la fin.

Mourcil: mais après j'ai rêvé de notorious BIG et jospin me disait qu'à une époque, il voulait s'appeler notorious LIO . Et finalement ça avait pas pris
sais pas comment jospin est arrivé là d'dans

Soustache: Ceci dit, cette nuit, j'étais avec Jane, dans un Marseille onirique, j'avais volé un cheval et je lui avais fabriqué un mors avec un cable usb, et j'attendais le bateau pour aller visiter les "caves préhistoriques englouties" quand mon réveil a sonné. Bâtard. J'aurais bien visité les caves préhistoriques englouties.

Mourcil: mais on était de retour sur terre
'tain, en fait, il y avait un ennemi sur mars
Soustache: Le tout est de savoir qui était l'ennemi
Mourcil: putain, Souste.
à la fin on mourait tous
Soustache: putain
mais QUI nous a tué?
Mourcil: le vent
Soustache: alors ça va
ça a quand même une gueule de total recall ton onirisme
Mourcil: non non, tu ressembles pas trop à sharon stone
Soustache: fuck U
tiens, je me suis réveillée avec Fuck U dans la tête, de manière inexpliquée
Mourcil: c'est ptêt lié
Mourcil: hier, j'ai fait un rêve flashback
Soustache: t'as fait COMBIEN de rêves
Mourcil: ah ça c'était hier
Soustache: ah ok
Mourcil: t'étais à la fontaine au roi, dans ton canapé
Soustache: ouais?
Mourcil: et je te demandais pourquoi tu avais pris la décision de plus porter de soutiff
Soustache: hehe et ma réponse?
Mourcil: et tu me répondais, genre, en 2 parties, avec des anecdotes persos.

Ici s'interrompt leur conversation, car c'est aussi ici que le cours de leur vie officielle reprend. Un café attend Mourcil, un Commu-Niqué de Presse attend Soustache. Nous ne saurons donc pas à quelles étranges anecdotes persos Mourcil faisait allusion. Et ce d'autant plus que Soustache n'a jamais pris la décision de ne plus porter de soutif. ou peut-être très fugacement.

Playlist : Roy Orbinson, In Dreams

05 février 2007

Teasing

Dans 96 jours, Berlin m'accueillera comme un petit animal à chérir au creux d'une couette en coton.

Mais dans 96 jours, il y aura aussi...

01 février 2007

Mort aux patchs!


Pour fêter l'avènement de Février, mois saint et grâcieux, mois d'Octopus et de Dionysos, Soustache et Mourcil ont décidé de se griller quelques bons paquets de Camel sur tous les bancs publics suffisamment seyants.
Eclairons la ville de mille lampions et lumignoles!
Protestons par l'incandescence de nos vices!

16 janvier 2007

The day after yesterday


Soustache, comme chaque année, mais l'avouera-t-elle peut-être à certains d'entre vous, cet hiver plus que les autres, est habitée par des envies d'évasion, des rêves de fuite, des pulsions de voyage et d'aventure. Du bout du doigt, elle parcourt les longues routes sinueuses qui mènent de Californie en Mongolie, du Japon en Tanzanie, de Thaïlande en Islande. Et les paysages défilent sur ses verres anti-reflet.
Tout cela est très bien, mais aujourd'hui Soustache est Colère. Les cartes postales brûlent, fondent, se déforment, se craquellent, s'effritent, s'effondrent, sombrent, implosent, se consument, se désertifient, et c'est toute l'espérance de Soustache qui en pâtit. Car aujourd'hui, elle ne peut plus vivre dans la langoureuse attente de la Californie, puisque ses orangers se sont transformés en arbres à Mr. Freeze, le glaçon friandise.


Rendez-lui ses rêves! Sauvez la planète!
Elle a décidé de donner un tour constructif à sa révolte. Après Nicolas Hulot, après Al Gore, après Arnold Schwarzenegger, elle aussi y va de ses dix conseils pour rendre aux cartes postales leur douceur d'antan.

1/ Cessez de cautionner la plus grande cause de pollution. Cessez de travailler. Pour de bon. Vous ferez grâce à la planète de vos déplacements en voiture individuelle, et du chauffage à fond dans votre entreprise à cause de Micheline, ménopausée depuis 3 mois, qui a tout le temps froid et qui aime le faire savoir. Allez faire un tour au bord de l'eau, ça vous fera le plus grand bien.

2/ Protégez la biodiversité. Hébergez chez vous un animal en voie d'extinction, fût-il Grand Panda ou Gros Robert, le tenancier du bar-tabac d'en bas.

3/ Réduisez vos détritus. Pensez au potentiel de réutilisation de chacun de vos vieux objets pourris, avec une pensée toute particulière pour vos déchets électroniques, qui malgré toute la bonne volonté de l'Europe réunie, ne connaissent pas encore le repos d'un séjour en centre de recyclage. Votre télévision est morte à la dernière rediffusion de Basic Instinct et trône dans votre séjour comme le vestige de vos désirs frustrés? Votre poste bien moche et bien gros fera une merveilleuse jardinière pour y faire pousser vos propres fruits et légumes. Votre vieux PC portable surchauffe? Faites-en un magnifique chauffe-plat. Grand Panda et Gros Robert seraient-ils devenus un peu encombrants? Pensez à la taxidermie, qui connaît un nouvel essor sur Ebay.

4/ Buvez au robinet. Le coût écologique de l'embouteillage (système de pétrochimie pour fabriquer les bouteilles, convoyage dans de vieux cargos en fin de vie, acheminement par des 33 tonnes plus que douteux...puis envoi de bouteilles à la mer non biodégradables) est un coût dont notre douce planète pourrait se passer. Buvez tout ce que vous pouvez au robinet: l'eau, si le coeur vous en dit, mais aussi la bière, le vin... Mourcil et Soustache interpellent aujourd'hui les autorités publiques : à quand la distribution de rébou de qualité au robinet? C'est urgent!

5/ Boycottez les sacs plastiques. Ennemis des petits enfants et des tortues de mer (des dauphins aussi, mais qu'ils crèvent, les sales) qui les confondent avec des cagoules pour les uns, et des méduses pour les autres, les sacs plastiques, en plus d'êtres moches, auditivement inesthétiques, et incapables de transporter plus de trois bouteilles à la fois, sont MECHANTS. Préférez-leur un autre mode de transport de votre ravitaillement, tel que le caddie, la mule ou les bras de vos amis (rappelez-vous, dans Fort Boyard, pas de sac plastique qui tienne!).

6/Plantez un arbre. Oui, oui, je vois venir les plus urbains d'entre vous qui n'ont pas la chance d'avoir une terrasse pour y faire pousser des arbres à vodka. Déjà, on ne vous dit pas de planter un arbre chez vous, pas de panique. Pour ceux qui ont eu la mauvaise inspiration d'aller voir The Fountain, fable nouvel-âge québéco-inca, on ne vous dit pas non plus d'ingérer un arbre ou de passer votre vie dans une bulle cosmique à côté d'un tronc poilu. Nooon. Planter un arbre c'est d'abord planter une graine (ces saloperies de pépins de clémentines germent très bien) là où il n'y en a pas : sur un rond-point, sur une pelouse d'entreprise, entre deux pavés, sur un coin de terre à la Défense (si, si, il y en a!), vous voyez le topo. Oh, et pour les petits curieux, les M&M's, ça ne marche pas.

7/ Passez aux énergies renouvelables et faites d'un sac plastique trois coups. Les vaches, grâce à leurs quatre estomacs, constituent la plus grande source de méthane sur la planète. Le méthane, en plus d'être un gaz qui pue, contribue fortement à l'effet de serre, et c'est pour ça qu'il fait trop chaud et que le JT vous abreuve des complaintes des petits commerçants qui désespèrent de se débarasser de leur stock de pulls moches. Paradoxalement, c'est aussi pour ça que les oranges se les gèlent en Californie. Soit. Les vaches pètent et polluent. Oui mais que faire? C'est là que Soustache intervient : prenez vos stocks de sacs plastiques dont vous ne savez que faire, à part les donner aux petits enfants de la maternelle d'en bas qui crient très fort tous les matins. Si, si, il vous en reste, les races de flemmards comme vous, je les connais. Scotchez-les bien autour de l'anus (pour les non-latinistes, le trou-du-cul fera l'affaire) des vaches dont vous croisez la route. Vous pouvez pas le manquer. Revenez quelques heures plus tard, récupérez les sacs plastiques bien gonflés, faites vite un noeud et hop! Du chauffage pour toute la saison froide/tiède.

8/ Faire imprimer les prospectus sur les rouleaux de papier toilette. Parce qu'on a toujours besoin de lecture inintéressante dans des moments de recueillement, et parce qu'on plante pas des arbres pour en faire des prospectus pour allo apéro. Et puis, quand même (Soustache est esthète), pour la beauté du geste.

9/Transportez vous en commun. Et profitez-en pour bouquiner un peu.

10/ Répandez la bonne parole autour the vous. Brillez en soirée et passez le méconnu Don't Kill the World de Boney M., premier tube écolo, et dernière chanson connue du groupe afro-allemand. Portez des t-shirt "Je suis écolo et je me la pète" ou mieux, "Obey Soustache". Arrêter de tirer la chasse d'eau et dites que c'est pour sauver les baleines et les esquimaux. N'ayez plus peur. N'ayez plus honte. Faites ce que vous voulez, du moment que vous sauvez le monde.

Au nom de ses cartes postales, Soustache vous remercie.



13 janvier 2007

Scout toujours!

Soustache célèbre le centenaire du scoutisme à sa manière, et livre à son public adoré, quoique peu présent, ses conversations électroniques jobesques avec son cher Scout. Prétextant un anniversaire de collègue, on y parle féminisme, culture, et dyslexie.

13h53, Nelly écrit (à team@blondivie.com):
Judy m'a suggéré l'idée, pour Carlotta, d'un mixer (apparemment elles en ont parlé...) J'irai chez Promotruc, sur les Grands Boulevards, comme ça, niveau prix, ça ira.
Qu'en pensez-vous?
@++

Nelly

13h56, Soustache écrit (à team@blondivie.com):

La féministe qui sommeille en moi se révolte quelque peu à l'idée d'un cadeau induisant un message type "les femmes au fourneau". Cependant, si telle est son envie, je ne peux que m'incliner. On ne libère pas une femme contre son gré...

S. (ni chienne, ni de garde)

14h10, Nelly écrit (à team@blondivie.com):
Apparemment, il y a aussi une autre idée pour Carlotta: des places de théâtre...

Nelly

14h15, Le Scout écrit (à team@blondivie.com) :
Je ne connais pas les goûts de Carlotta mais j'ai entendu dire que l'Odéon allait reprogrammer exceptionnellement "Bigard met le paquet".

Le Scout

14h18, Soustache écrit (à team@blondivie.com):
Belle idée, on peut aussi mettre le slip de Bigard dans le mixer, pour réconcilier tout le monde.

S.

14h23, Le Scout écrit (à soustache@blondivie.com)

Je vois que tu n'oses pas signer tes mails, voilà qui est fort pleutre.
Pour un peu je dirais que tu fais montre de pleutritude.

Sc.


14h26, Soustache écrit (à scout@blondivie.com)
Oh, je signe toujours S., j'estime que c'est suffisamment identifiable par le commun des consultants.

Et c'est toi le couard.


14h28, Le Scout écrit (à soustache@blondivie.com)
Je t'aurais! Un jour je t'aurais!*

Sc.

*Je préfère lever d'entrée toute équivoque. Le verbe avoir est ici employé dans un sens purement martial.

14h30, Soustache écrit (à scout@blondivie.com)
Tant que t'es pas dyslexique et que tout cela ne devient pas marital, je relève le défi.

S.

Le Scout est-il dyslexique?
Comment se concrétisera le "défi" entre les deux collègues?
Qu'aura Carlotta pour son anniversaire?
Y-a-t'il un lien entre le Sudoku et l'expression @++?

Vous le saurez dans le prochaine épisode de Soustache au Job, si Soustache n'oublie pas d'aller au "dej" d'anniversaire de Carlotta, dont elle se fout comme de son mixer.
A suivre : Soustache au Job-6 : Le Secret de Mademoiselle O.


09 janvier 2007

Letters always get burned



Très cher Pirate de Carton,

Ce silence nouvellement advenu est fondé sur un regrettable malentendu. Lorsque je vous ai donné mon coeur sur un plateau, sans prévenir quiconque et sans artifice, sans un mot d'explication, vous ne saviez pas (et comment auriez vous pu?) que sa fraîcheur, sa rougeur, et sa vigueur tenaient du miracle.

La dernière fois que je l'avais entr'aperçu, il m'était apparu fort sombre et presque inerte, d'une froideur effrayante.

Je vous l'ai donné sans intention, et c'est peut être le geste le plus simple qu'il me fût advenu de commettre.
Je vous l'ai donné à voir, à manipuler, à prendre peut-être, en toute confiance, poussée par la joie simple et entière de le voir ainsi battre. Cette joie, je pensais pouvoir la partager avec vous, de même que nous nous étions émerveillés de la capacité qu'ont certaines plantes de se régénérer d'elles-mêmes après un hiver cruel ou un été particulièrement mordant.


En aucun cas ne voulais-je m'en décharger sur vous, ou vous en confier la garde douloureuse.


Vous avez d'abord détourné le regard, ne voyant dans ce que je vous offrais qu'un aveu honteux, une tare qu'il eût mieux fallu dissimuler, une affection physique répugnante.
Puis, comme mes mains d'enfant continuaient de tendre vers vous cette excroissance dont vous ne saviez que faire,vous vous en êtes saisi, et ne percevant que son poids, vous l'êtes attaché à la cheville, comme une entrave de bagnard. Vous l'avez trainé au sol, dans votre ombre, sur les pavés descellés de nos nuits et de nos jours, lourd d'une destinée qui ne vous était pas échue.


Je vous le reprends aujourd'hui avant qu'il ne se meure à nouveau, triste de vous voir apesanti par ce qui m'a rendue si légère. Ses égratignures, ses battements un peu fous, ne sont rien que le temps et le soin ne pourront réparer. Transplanté derrière mon sein gauche, de nouveau dissimulé à votre vue, il reprendra racine, nous le savons tous deux.


J'ignore encore qui d'autre que moi aura la primeur de sa prochaine floraison. Je n'ose vous le souhaiter, mais l'espère encore en silence.


Votre Amazone de Papier.